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Acheter une résidence secondaire dans le Var : 7 erreurs à éviter

Par Stéphane Augier·24 juillet 2026·11 min de lecture
Stéphane Augier - L'œil de l'expert

Charges sous-estimées, DPE ignoré, risques naturels : découvrez les 7 erreurs fatales à éviter lors de l'achat d'une résidence secondaire dans le Var.

L'achat d'une résidence secondaire sur le littoral varois (Carqueiranne, Hyères, Le Pradet, La Londe) est un projet de vie magnifique, souvent mûri pendant de longues années. Cependant, entre le rêve de la maison de vacances idéale et la réalité du marché immobilier local, les pièges sont nombreux.

En tant que professionnel de l'immobilier sur ce secteur depuis 30 ans, je vois régulièrement des acquéreurs (souvent originaires d'autres régions) commettre des erreurs qui transforment leur rêve en gouffre financier ou en source de stress. Voici les 7 erreurs majeures à éviter absolument avant de signer un compromis de vente en 2026.

1. Sous-estimer les charges et la lourde fiscalité locale

C'est incontestablement l'erreur numéro un. Une résidence secondaire dans le Var coûte cher à l'année, même (et parfois surtout) quand elle est inoccupée pendant de longs mois. De nombreux acquéreurs calquent leurs prévisions sur les charges de leur résidence principale, ce qui fausse totalement le budget. * La Taxe d'Habitation sur les Résidences Secondaires (THRS) : Si la taxe d'habitation a totalement disparu pour les résidences principales, elle est intégralement maintenue pour les résidences secondaires. Pire encore, dans les \"zones tendues\" (ce qui inclut Hyères, Toulon et la majorité des communes de la Métropole TPM), les conseils municipaux votent très souvent une majoration (surtaxe) qui peut légalement aller de 20 % à 60 %. Renseignez-vous impérativement en mairie avant d'acheter. * La Taxe Foncière : Face à la baisse des dotations de l'État, elle a fortement augmenté ces dernières années dans la quasi-totalité des communes littorales du Var. Sur une belle villa avec piscine à Carqueiranne, elle peut rapidement dépasser les 3 000 € annuels. * Les charges courantes incompressibles : L'entretien d'une piscine (produits, hivernage, remise en route par un pisciniste), l'élagage obligatoire du jardin (le débroussaillement contre les incendies est une obligation légale), les abonnements compteurs (eau, électricité, internet) et les éventuelles charges de copropriété (si le bien est situé dans un domaine privé sécurisé avec gardien et tennis) représentent un budget annuel incompressible de plusieurs milliers d'euros. Il faut également prévoir le coût d'une personne de confiance pour aérer la maison et vérifier que tout va bien après de fortes intempéries hivernales.

2. Ignorer le DPE et l'impact de la rénovation énergétique

Sur le littoral varois, beaucoup d'acquéreurs de résidences secondaires pensent à tort que le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) n'est pas un sujet important pour une maison qui ne sera occupée que pendant la saison estivale. C'est une erreur stratégique majeure qui peut coûter très cher à long terme. * L'inconfort estival absolu : Une maison classée F ou G (considérée comme une passoire thermique), souvent mal isolée au niveau de la toiture, sera un véritable four en juillet et août. Pour y survivre, elle nécessitera l'installation d'une climatisation puissante fonctionnant à plein régime, avec la facture d'électricité exorbitante qui l'accompagne inévitablement. * La décote sévère à la revente : Le marché immobilier de 2026 sanctionne désormais très lourdement les biens mal classés. Les acquéreurs sont extrêmement bien informés et utilisent un mauvais DPE comme levier de négociation massif (entraînant une décote systématique de 10 à 20 % par rapport à un bien classé C ou D). * Le risque d'interdiction de location : Si vous prévoyez de louer votre bien en saisonnier pour amortir une partie de vos charges annuelles, sachez que les réglementations gouvernementales sur la location touristique des passoires thermiques se durcissent d'année en année. Vous pourriez vous retrouver dans l'impossibilité légale de louer votre bien sur les plateformes si des travaux d'isolation majeurs ne sont pas entrepris.

3. Négliger l'étude des risques naturels (PPRIF, submersion)

Le Var est un département magnifique mais exposé. Avant d'acheter, il est impératif d'analyser l'ERP (État des Risques et Pollutions) et les plans de prévention locaux. * Le risque incendie (PPRIF) : Sur les collines boisées de Carqueiranne ou du Pradet, le Plan de Prévention des Risques d'Incendie de Forêt impose des règles strictes (Obligation Légale de Débroussaillement - OLD). Si vous achetez une maison isolée dans la pinède, l'entretien du terrain vous coûtera cher. * Le risque de submersion marine : Pour les biens situés en première ligne (notamment sur la Presqu'île de Giens ou à l'Ayguade), vérifiez l'exposition au risque de submersion, qui peut impacter l'assurabilité du bien à long terme.

4. Acheter \"pour faire du Airbnb\" sans vérifier le règlement

Beaucoup d'acquéreurs calculent la rentabilité de leur future résidence secondaire en se basant sur les revenus générés par la location saisonnière (Airbnb, Abritel) pendant les semaines où ils ne l'occupent pas. * Le règlement de copropriété : Si vous achetez un appartement ou une villa dans un domaine privé (lotissement), vérifiez impérativement le règlement de copropriété. De plus en plus de résidences interdisent purement et simplement la location meublée touristique de courte durée pour préserver la tranquillité des résidents à l'année. * La réglementation municipale : Des communes comme Hyères ont mis en place des règles strictes d'enregistrement (numéro d'enregistrement obligatoire) et de changement d'usage pour limiter les locations saisonnières. Renseignez-vous en mairie.

5. Sous-estimer la distance et l'accessibilité hors saison

L'euphorie d'une visite sous le soleil éclatant du mois de juin fait parfois oublier la réalité logistique et pratique des déplacements tout au long de l'année. * Le temps de trajet porte à porte : Une maison située à 4 heures de route (ou de TGV) de votre résidence principale sera utilisée très régulièrement (week-ends prolongés, petites vacances scolaires). À l'inverse, une maison située à 8 heures de route ne sera finalement occupée qu'une fois par an, lors des grandes vacances d'été. Le ratio coût d'entretien / temps d'utilisation s'effondre alors totalement, transformant le rêve en fardeau. * L'accessibilité locale et les bouchons : La Presqu'île de Giens est un endroit absolument paradisiaque, mais l'unique route d'accès (la route de la Capte ou la route du Sel) est totalement saturée en juillet-août. Aller faire ses courses peut devenir une expédition. De même, un bien immobilier très isolé dans les magnifiques collines du massif des Maures peut rapidement devenir pesant au quotidien si vous devez faire 30 minutes de voiture sinueuse pour acheter une simple baguette de pain ou un journal. Pensez toujours à l'usage quotidien.

6. Ne pas vérifier la conformité des extensions (Piscine, véranda)

C'est un classique sur le littoral varois : la charmante villa des années 80 a été agrandie au fil du temps (une véranda fermée, un garage transformé en chambre, un pool house, une piscine). * L'urbanisme : Si ces travaux ont été réalisés sans permis de construire ou sans déclaration préalable (ou s'ils ne sont pas conformes à l'autorisation obtenue), l'infraction vous est transférée lors de l'achat. En cas de contrôle, la mairie peut exiger la démolition. * L'assurance : Une surface non déclarée ne sera pas indemnisée par votre assurance en cas de sinistre. Exigez systématiquement les attestations d'achèvement de travaux et de conformité.

7. Faire l'impasse sur une visite avec un artisan local

Lorsque l'on achète à distance, le temps est compté. On visite le week-end, on a un coup de cœur, et on signe. * Les vices cachés : Toiture fatiguée, charpente attaquée par les termites (très fréquents dans le Var), électricité vétuste, fosse septique non conforme... Ces défauts peuvent chiffrer en dizaines de milliers d'euros. * L'estimation des travaux : Avant de signer un compromis pour un bien \"à rafraîchir\", faites systématiquement chiffrer les travaux par des artisans locaux. Les coûts de rénovation sur le littoral varois sont souvent bien plus élevés que dans le reste de la France, et les bons artisans sont très sollicités.

8. Sous-estimer le niveau de prix et les écarts entre communes du littoral varois

Sur le littoral varois, le prix au m² d’une résidence secondaire peut varier du simple au double entre deux communes distantes de moins de 20 km.[5] Les données issues de bases de marché comme MeilleursAgents ou les notaires montrent un niveau moyen souvent supérieur à 5 500 €/m² pour les appartements bien situés à Hyères, Carqueiranne ou Le Lavandou, avec des pointes au‑delà de 7 000 €/m² pour les biens vue mer ou en première ligne.[5]

À Carqueiranne, une maison avec vue rade de Toulon dans le secteur du Port des Salettes ou du Pradon se négocie fréquemment entre 800 000 € et 1,2 M€ pour 120 à 150 m² habitables, terrain compris, alors qu’une maison de même surface dans l’arrière-pays hyérois (vers Pignans ou Besse-sur-Issole) peut se trouver entre 450 000 € et 600 000 €.[5] À Hyères, les quartiers de La Capte, de la Bergerie ou de Port-Cros – Route du Sel affichent des prix sensiblement plus élevés que les secteurs plus intérieurs comme Costebelle ou Les Rougières, à surface équivalente.[5]

Pour éviter de surpayer votre résidence secondaire dans le Var :

Comparez systématiquement le prix au m² réel (prix net vendeur / surface Carrez ou habitable) avec les moyennes de marché par quartier via les bases de données spécialisées ou les statistiques des notaires.[5][8] • Intégrez les frais de notaire dans votre budget : comptez 7 à 8 % du prix dans l’ancien, contre 2 à 3 % dans le neuf.[10] • Demandez à votre agent des références de ventes récentes dans la même rue ou le même secteur (par exemple avenue de la Méditerranée à La Londe-les-Maures, boulevard des Lavandières au Lavandou, avenue du Général de Gaulle au Pradet), et exigez au moins 3 comparables pour juger du positionnement du bien.[9] • Méfiez-vous des biens affichés sensiblement en dessous du prix de marché local : cela peut cacher un problème de servitude, de risques naturels ou de travaux lourds non chiffrés.[9]

Un travail d’analyse des prix par micro‑secteur (front de mer, deuxième ligne, colline, village) permet souvent de dégager 10 à 15 % d’économie sur un projet en ajustant légèrement le périmètre de recherche, sans renoncer à la qualité de vie (par exemple préférer La Londe-les-Maures – quartier des Bormettes à un front de mer surpeuplé en été).[5][8]

9. Négliger l’impact des frais de déplacement et de la gestion à distance

Pour une résidence secondaire, le coût global ne se limite pas au prix d’achat et aux charges courantes : les déplacements réguliers et la gestion à distance pèsent lourd sur le budget annuel.[8] Plusieurs études estiment que le coût annuel d’une résidence secondaire (entretien courant, charges, déplacements) se situe entre 1 000 et 5 000 € par an pour l’entretien seul, auxquels s’ajoutent 500 à 2 000 € pour le chauffage et l’électricité, même en période d’inoccupation.[8]

Dans le Var, un couple francilien venant 8 fois par an à Hyères ou Carqueiranne pourra dépenser entre 1 600 € et 2 400 € annuels en transport (billets TGV ou avion + location de voiture ou carburant), ce qui équivaut à plus de 130 à 200 € par mois à intégrer dans le plan de financement.[3][8] Ajoutez à cela la gestion à distance : télésurveillance, conciergerie pour l’ouverture/fermeture, entretien du jardin ou de la piscine par un prestataire local.

Sur le littoral varois, un contrat d’entretien de piscine pour une villa secondaire à La Londe-les-Maures (quartier Valcros) ou au Lavandou – Saint-Clair se situe fréquemment entre 80 et 150 € par mois en saison, soit jusqu’à 900 à 1 200 € sur l’année pour un usage estival prolongé.[8] Un service de conciergerie pour la gestion locative saisonnière (check-in, ménage, blanchisserie) facture généralement entre 15 et 25 % des loyers encaissés, ce qui réduit d’autant la rentabilité nette.[3][8]

Conseils pratiques pour garder le contrôle :

Ajoutez au moins 1 à 2 % de la valeur du bien par an pour l’entretien courant dans votre budget prévisionnel (soit 2 500 à 5 000 € pour une maison à 250 000 €).[6] • Calculez le coût annuel des transports en fonction de votre fréquence réelle de séjour (TGV Paris–Toulon, vols pour l’aéroport Toulon-Hyères, péages, carburant), et comparez le total avec votre capacité d’épargne mensuelle.[3][6] • Anticipez la gestion à distance : système d’alarme et domotique (caméras, pilotage du chauffage), contrat de télésurveillance, prestataire local pour vérification du bien après les épisodes de vent fort (mistral) ou de pluies méditerranéennes.[8][9] • Si vous envisagez de louer votre résidence secondaire (Airbnb ou agence), intégrez dès le départ les frais de conciergerie et la fiscalité spécifique, et validez que la rentabilité nette reste cohérente avec vos objectifs.[3][4]

10. Oublier de vérifier les projets d’aménagement et les nuisances futures

Une résidence secondaire achetée pour la tranquillité peut perdre une partie de sa valeur et de son attrait si des projets d’aménagement urbain ou d’infrastructures sont programmés à proximité.[7][9] Sur la côte varoise, plusieurs secteurs sont concernés par des évolutions de voirie, des aménagements portuaires ou la densification du bâti, en particulier le long de la RD559 (Carqueiranne – Le Pradet – La Garonne) ou autour des axes desservant les plages d’Hyères et du Lavandou.[7]

Les conseils en résidence secondaire insistent sur la nécessité de vérifier qu’aucun projet susceptible de faire baisser la valeur du logement n’est prévu (autoroute, centre de vacances, nouvelles constructions avec vis‑à‑vis, création de parkings ou d’axes de transit).[7][9] Une maison achetée pour son calme dans les quartiers de La Favière au Lavandou ou de Les Moulières au Pradet pourrait, à moyen terme, voir apparaître des nuisances sonores si un nouvel axe de circulation ou une zone commerciale est validé au PLU.

Avant de signer un compromis sur le littoral varois :

Consultez le Plan Local d’Urbanisme (PLU) en mairie (Carqueiranne, Hyères, Le Pradet, La Londe-les-Maures, Le Lavandou) et demandez un certificat d’urbanisme pour connaître les règles et les projets à moyen terme.[5][7] • Interrogez le service urbanisme sur les projets d’aménagement en cours d’étude : élargissement de voiries, requalification de zones portuaires, création de parkings ou de nouvelles résidences à proximité immédiate.[7][9] • Visitez le quartier à différents moments (week‑end, hors saison, soirées d’été) pour évaluer les nuisances actuelles : circulation sur la route de la Capte, affluence autour du Port de La Londe, animations nocturnes au Lavandou – centre-ville et front de mer.[7][9] • Vérifiez que le bien n’est pas situé à proximité d’un projet de lotissement ou de construction dense susceptible d’amener du vis‑à‑vis ou de réduire la vue (par exemple sur les hauteurs de Carqueiranne ou de Valcros à La Londe).[7][9]

Cette vérification en amont, complétée par une lecture attentive des procès-verbaux d’assemblée en copropriété le cas échéant, permet de sécuriser votre investissement en limitant le risque de dégradation de l’environnement et de la valeur de votre résidence secondaire dans le Var.[5][7]

Photo de couverture : © Gzen92, CC BY-SA 4.0 · source Wikipédia

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